Nous avions des amis, Mr et Mme Bertrand (Planteurs et parents de Jean Claude Bertrand, organisateur du premier rallye " Côte d'Ivoire-Côte d'Azur "), dont le chimpanzé, répondant au doux nom de Jibbi, dressait régulièrement le couvert, sans omettre le sien, servait l'apéritif sur une table découpée dans un tronc et pouvant accueillir une vingtaine de convives !
En Afrique, beaucoup de choses sont au superlatif !
Il en est de même pour les hommes !
Je n'ai rien oublié de ce jour, au Niger, où un Touareg vint demander secours à mon père.
Il se tenait, courbé sur son cheval arabe, avec grand peine : une flèche lui avait perforé l'estomac et la pointe sortait dans le dos. En pleine brousse, à l'écart de tout, il n'y n'avait pas d'anesthésiants et encore moins les outils nécessaires pour pratiquer un acte chirurgical, tels que nous pouvons le concevoir, nous, européens. Mais en Afrique, le système " D " se lève et se couche avec le soleil... Trois jours plus tard, notre ami Touareg repartait sur son cheval...Il n'y a aucun doute à avoir : un homme blanc n'y aurait pas survécu !
Une autre fois encore, mon père, atteint d'une forme très grave de paludisme était aux rives de la mort. Ce fut un sorcier africain, un Chamane, qui le sauva par ses incantations et par une décoction à base de plantes:la médecine européenne avait été impuissante pour lui !
Mon père a longtemps gardé un souvenir atroce au goût, mais, lorsque nous en parlions tous les deux, il y avait dans ses yeux ce je ne sais quoi qui me donnait à penser que l'Afrique avait éclairé son âme d'une lueur nouvelle. Lui ! Le cartésien ! Le scientifique !
Être, donc, un nègre blanc, fils d'un Daktari, vivre avec ses amis blancs et noirs dans une Afrique magique, parfois très dure, toujours émouvante, ouvre une vision sur le monde qui n'a de frontières que celles qui n'existent pas.
Ce fut mon école !