J'avais pour habitude d'observer mon père dans ses attributions de " Daktari " et je pourrais ainsi vous conter à l'infini des anecdotes, toutes plus extraordinaires les unes que les autres : un serpent cracheur (mortel) avait jugé plus confortable de dormir sous les draps alors que nous passions toutes les nuits à la belle étoile à la recherche de la fraîcheur.
Au petit matin, monsieur le serpent, ayant apparemment passé une très bonne nuitée malgré les ronflements du paternel, décida de s'en aller, non sans " serpenter ", pendant plus de deux longs mètres sur son visage. Malgré la surprise, mon père n'avait pas bougé d'un cil démontrant, si besoin était, une maîtrise parfaite. Fort heureusement, ma mère n'était pas réveillée ! Je n'ose imaginer ce qui se serait passé dans le cas inverse !
Une autre fois, ce fut une panthère noire que mon père apprivoisa presque. Il avait coutume de laisser devant la maison les reliefs des repas dans une bassine pour des chiens errants ou autres animaux. Quelle ne fut pas sa surprise lorsqu'il s'aperçut qu'une panthère vidait toutes les nuits la gamelle ! Eh bien, croyez-le ou non, au bout de quelques temps il parvint à faire rentrer la panthère dans la maison et celle-ci y mangea sa pitance !
Nous eûmes, en pension, un lion mâle adulte qui souffrait d'une rage de dents ; mon père lui arracha la dent gâtée et le brave animal retourna chez son patron.
Nous eûmes aussi un éléphanteau dont la mère avait été massacrée par des braconniers, éléphanteau qui décéda quelques mois plus tard, faute d'un lait maternel qu'à l'époque nul ne savait reconstituer. Cet animal était adorable et faisait beaucoup de bêtises.
Mes parents avaient adopté deux bébés hyènes, Zig et Puce, dont la mère, une fois de plus, avait été assassinée par des hommes sans morale ni scrupule ! Elles eurent une vie confortable au zoo de Vincennes !